Canada: une vision qui fait du chemin depuis 10 ans

Canada: une vision qui fait du chemin depuis 10 ans

« L’un des aspects les plus encourageants au cours des dernières années pour la protection de la nature sauvage au Canada est la reconnaissance par une grande partie du public de l’importance de travailler à l’échelle des paysages pour la conservation de la nature » Harvey Locke IJW avril 2000

Depuis le début des années 2000, plusieurs instances canadiennes poursuivent la vision de protection d’au moins la moitié pour la nature et travaillent activement à sa réalisation. Ensemble, des Premières Nations, des groupes environnementaux, des gouvernements et des entreprises responsables collaborent pour la protection de la nature. Voici des exemples de succès et étapes clés pour la réalisation de la vision de la moitié pour la nature au Canada.

Quand les groupes de conservation, scientifiques, divers gouvernements et la société civile s’enlignent derrière une vision : la moitié pour la nature

En 2003, la Vision pour la conservation de la forêt boréale réunissait des signataires provenant des entreprises liées à l’extraction des ressources, des Premières Nations et plusieurs groupes de conservation. La Vision a pour objectif de préserver au moins la moitié de la forêt boréale en un réseau de vastes aires protégées interconnectées tout en promouvant des pratiques de gestion écosystèmique des ressources parmi les plus avancées au monde dans le reste du territoire boréal. Cette Vision est basée sur la meilleure science disponible. La forêt boréale au Canada représente 60% du territoire terrestre. (Carte)

En 2005, La Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP), un leader dans la conservation au Canada, adopte sa nouvelle vision nationale de protéger au moins la moitié de l’ensemble du territoire canadien, eau douce, terre et mer.

En 2007, plus de 1500 scientifiques de partout à travers le monde endossent la Vision pour la conservation de la forêt boréale de protéger au moins 50 % de l’écosystème boréal de façon interconnectée. Les scientifiques dans le domaine de la conservation de la biologie ont aussi peaufiné la marche à suivre pour assurer la viabilité d’un écosystème :

  1. tous les types d’écosystèmes natifs doivent être représentés dans les zones protégées;
  2. des populations de toutes les espèces indigènes doivent être préservées selon des modèles naturels d’abondance et de répartition;
  3. des processus écologiques tels que les processus hydrologiques doivent être maintenus;
  4. la résilience aux changements environnementaux à court et à long termes doit être préservée.

Pendant ce temps, la SNAP et Mountain Equipement Co-op, le plus grand magasin de plein air au Canada, lance un site web et une campagne de marketing social : Horizons sauvages. Horizons sauvage appel l’ensemble des canadiens a participer a l’objectif de protection d’au moins la moitie de la nature au pays, terre, mer et eau douce.

En 2008, la majorité des groupes de conservation travaillant en sol canadien adopte la vision de protéger au moins 50 % des espaces de nature sauvage au Canada. Ensemble, sous la bannière de « Demain n’attendent pas » ils travaillent publiquement a faire avancer l’agenda lors de l’élection fédérale. Deux parties politiques sur quatre adoptent officiellement l’idée que le Canada doit agir vite pour préserver cet héritage naturel en protégeant de façon permanente un minimum de 50 % de ses régions sauvages restantes.

Si le Canada protège présentement un peu plus de 10% de son territoire, plusieurs canadiens travaillent fort pour la conservation du territoire sur une grande échelle pour assurer la survie des écosystèmes à travers le 21e siècle.

Les droits autochtones ont créé une nouvelle perspective pour les aires protégées

« Le plan d’utilisation du territoire appel à la protection de plus de 50 % de notre territoire de manière interconnectée entre les aires protégées, un pourcentage de protection qui je crois bien devrais être une règle générale pour toutes les Premières nations qui veulent assurer leur futur ainsi que celui de leur territoire et des espèces qui y vivent. »

Traduction libre du discours d’Herb Norwegian, Chef de Premières Nations Deh Cho (2005) au 8e Congres mondiale pour la nature.

Au cours des 30 dernières années, les droits des autochtones ont été reconnus dans plusieurs jurisprudences et dans l’Acte constitutionnel du Canada de 1982. La reconnaissance de ces droits a des implications pour la création d’aires protégées, particulièrement dans les régions ou de nouveaux traités sont en négociation.

La Nation Haida a tout dernièrement réussi à protéger près de la moitié de leur territoire traditionnel. En 1980, une réserve de parc national fut créée pour protéger l’Ile sud Moresby dans les Gwaii Haanas. Suite à plusieurs recours légaux et des négociations avec le gouvernement de la Colombie-Britannique, des nouveaux mécanismes de protection furent créé et adapter aux besoins autochtones de la nation Haida. Cette combinaison unique de territoire marin et terrestre protégés en fait l’un exemple des plus intéressant pour l’atteinte de la vision la moitié pour la nature.

Dans les Territoire du Nord-Ouest, les Premières Nations Dehcho ont fait avance leur vision de protection d’au moins la moitié de leur territoire traditionnel par le biais de mécanisme de planification d’aménagement du territoire à travers leur négociation avec le gouvernement du Canada. Au mois d’avril 2008, 25 % de leur territoire était sous une forme ou une autre d’aires protégées fédérales (dont la Nahanni) et 24 % sous autres types aires protégées.

En 2009, suite à l’agrandissement de la réserve de parc national Nahanni, le parc couvre maintenant 30 000 km2 de nature sauvage exceptionnelle dans les Territoires du Nord-Ouest. L’accomplissement de cet agrandissement est un point tournant au Canada pour la conservation de grand territoire, mais aussi pour la coopération entre le gouvernement fédéral, les Premières Nations et les groupes de conservation.

Des politiques gouvernementales qui prennent le taureau par les cornes pour le 21e siècle

« L’initiative de protection du Grand Nord va protéger plus de 225 000 km2 de forêt boréale, de milieux humides et de toundra afin de les garder intacts pour le bénéfice des générations futures mais aussi pour préserver leur caractère unique dans la lutte aux changements climatiques » Premier Ministre Dalton McGuinty, Ontario

Bien que la vision de la moitié pour la nature avance dans la société, la majorité des décisions de gestion du territoire est sous la juridiction des provinces au Canada. Le territoire public couvre plus de 90% de chacune des provinces.

La première annonce de politique de conservation à grande échelle, appelant à protéger la moitié du Grand Nord de l’Ontario, eu lieu en juillet 2008 par le Premier Ministre ontarien Dalton McGuinty. Un processus d’aménagement du territoire et des consultations sont en places afin d’atteindre un objectif de protection de 225 000 km2 de forêt boréale, milieux humides et de toundra riches en carbone.

Durant les élections provinciales de novembre 2008, le Premier Ministre québécois Jean Charest à lui aussi avance une promesse de protéger la moitié du nord de la province (au nord du 49e parallèle). Ce territoire corresponds à plus de 70 % de la province et la protection de la moitie atteindrait une superficie égale a la France, soit 500 000 km2. Des tables de travail sont en consultations présentement pour arrimer la conservation de la moitié du territoire avec le développement durable du nord de la province.

À l’automne 2010, les deux provinces ont des processus en cours pour mettre de l’avant une vision de leadership pour la protection de la moitié de la nature dans leur territoire respectif.